Savannakhet
Le miracle de la vue

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Octobre 2005

Centre ophtalmologique de Savannakhet En ce mois d’octobre, Frédéric Pignard et Philippe Schmidt sont en visite à Savannakhet, où le SFE soutient l’hôpital ophtalmologique. Ce centre est dirigé par le docteur Prafix, qui est également responsable du projet SFE.

L’occasion de la visite est la remise officielle d’un microscope portatif pour les opérations de la cataracte dans les villages, en présence de l’ambassadeur d’Australie, qui a financé ce microscope par l'entremise du SFE.

Photo 2 L’ambassadeur d’Australie était venu à Sepone, une petite bourgade située à 230 km à l’est de Savannakhet, une nouvelle unité d’extraction de cuivre. Ce jeudi 13/10 (qui se trouve par coïncidence être la journée mondiale de la vision), il demande à voir  en action le nouveau microscope tout juste réceptionné le samedi précédent à Vientiane par le Dr. Prafix.  (Ci-contre, Philippe Schmidt (directeur du SFE), Allistair Maclean (ambassadeur d’Australie auprès du Laos), le Dr Prafix)

Opérations de cataracte en zone rurale

image 3 Pas de soucis pour l’équipe de l’hôpital de Savannakhet, rompue aux campagnes d’opérations dans les villages. C’est le Dr Soa, une jeune femme de 40 ans, qui mène l’équipe qui se rendra à Sepone. Comme le Dr. Prafix, elle a une telle pratique aussi bien au Laos qu’au Népal ou ailleurs qu’elle jouit d’une reconnaissance hors des frontières du pays.
La veille, le Dr. Sue était partie avec son équipe pour installer le matériel flambant neuf dans l’hôpital de district de Sepone, et rechercher dans les villages alentour les patients qui pourraient et voudront être opérés.

image 4 préconsultation Ce jour-là, une pré-consultation rapide permet d’évaluer le degré de vision des patients venus de toute la région. Les décisions sont rapides et claires : cataractes, avec ou sans inflammation, nécessitant une opération d’un ou des deux yeux. De nombreux patients, âgés pour la plupart de 40 à 70 ans, ont une vision très diminuée.

A 10 heures, 10 personnes sont déjà sur la liste, et le docteur Soa commence à opérer avec 3 assistants. image 2 opération Une équipe rôdée, qui va littéralement rendre la vue à quelqu’un toutes les 15-20 minutes. Ces hommes et ces femmes, qui n’auraient pas eu les moyens de supporter les frais d’une opération, se sont décidés le matin même alors qu’ils étaient assis au bord du chemin! Le cristallin trouble est retiré, et remplacé par une petite lentille. Ces petits implants ont été cette année financés par SFE. Après deux jours de convalescence, ces personnes verront de nouveau clair. Leur vie sera changée.

Le sourire des patients est la récompense et la raison de tous les efforts consentis par cette équipe médicale, qui sillone régulièrement les villages de la province tout au long de l’année pour rendre les soins accessibles à ceux qui ne pourraient jamais se rendre à la capitale. Deux équipes sont maintenant formées et font régulièrement des sortie en brousse d’une semaine.
L'incidence de la cataracte est estimée à environ 1‰ par année. Ce qui représente environ 700 nouveaux cas par an pour la province de Savannakhet, qui compte 720'000 habitants. En 2004, l’équipe de l’hôpital ophtalmologique a pu réaliser 500 opérations.
Cet effort maintenu dans la durée au service des plus humbles de leurs compatriotes est le signe de la motivation qui anime cette équipe et son directeur.

L’ambassadeur d’Australie est très impressionné par l’efficacité de cette équipe. Peut-être serait-il notre ambassadeur pour continuer à soutenir ce service. Une deuxième équipe, de sortie en brousse ce jour-là également, se contente pour le moment d’un vieux microscope nettement moins performant...

Fabrication de collyres

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La deuxième pôle d’activité dans l’hôpital ophtalmologique est la fabrication de collyres pour les yeux. Le savoir-faire a été développé de longue date par le Dr Prafix et le Dr Bounsouaï. Ce dernier est responsable de la nouvelle unité, qui fait l’objet du corps du projet soutenu par le SFE à Savannaket, et financé par DHM. Cette unité emploiera 4 personnes, qui pourront réaliser ces collyres en milieu complètement stérile, ce qui permettra d’étendre la production pour permettre de couvrir les besoins du pays, voire d’étendre le nombre de références produites au-delà des 18 actuelles.
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On a vraiment du bonheur à soutenir cette équipe : ils ont les idées, ils prennent en charge la réalisation avec compétence, en veillant à utiliser au mieux les fonds à disposition. Ils vivent dans une grande simplicité, et cultivent une vraie vision du service de leurs semblables. Ils nous donnent des leçons. On se sent privilégiés d’assister à cela, et d’être partenaires, alors que tout le mérite est pour eux.
Si un ophtalmologue expatrié était prêt à les rejoindre, même pour quelques mois, ils sont preneurs, et en ont besoin pour développer et pérenniser tout ce travail par la formation de nouveaux praticiens.

(Adapté d'une lettre de nouvelles de Frédéric Pignard)